CHARLIE EST

Samedi 9 septembre – 14h30 – Durée : 1h10

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Je réserve


Pourquoi on les aime ?

Parce que quand on leur demande « pourquoi cette pièce ? », ils répondent :

Pour hurler.

Hurler.

« Il faut hurler avec les loups, si l’ont veut courir avec eux . » Proverbe français.

Charlie est, un titre sans fin, est un hurlement. Comme un cri de guerre avec lequel je prend ma place. Je n’ai rien volé à personne. Quand on me demande pourquoi cette pièce, je ne sais pas quoi répondre. Parce que je mourrai d’ennui. Je devais attendre que quelqu’un veuille bien reconnaître ce que j’avais à défendre? Je devrais me taire et attendre. Alors non. Je hurle. J’ai créé cette pièce pour avoir quelque chose à défendre. Quelque chose qui me ressemble. Qui soit naïf et brutal.

L’ intention première des personnages de Charlie est est de se trouver une place bien à eux. Pour être eux même. Ne plus être sujet aux jugements, aux avis. C’est un sujet qui me passionne. Être à sa place. Et y rester? Ou trouver sa place? Où trouver sa place? Et gérer ce qu’il y a autour, les regards, les paroles, les responsabilités. Peut-être parce que quelque part je suis toujours en « transit ».

Le pitch

La pièce Charlie est raconte la rencontre de Maria et Charlie au petit matin, l’une rentre d’une mauvaise soirée, l’autre pêche tranquillement. Aussi différent soient-ils, leurs peurs et leurs solitudes font qu’ils se rapprochent.

Trop.

Car Charlie tue Maria et entame une longue descente dans la folie.

La Distribution

Charlie est sera joué par deux comédiens. Il y a Charlie qui sera interprété par Jeremy Flaum. C’est un acteur pour qui j’ai une immense admiration, il cherche constamment, ne reste jamais sur ses acquis. Pour ce rôle nous cherchons avant tous le non-verbal du personnage. Tous ce qui est refoulé dans les gestes et les postures. La pièce commence par un grand final, afin de donner au spectateur les clés du personnage. On sait ce qu’il va devenir. C’est une chose que je trouve belle, avoir l’espoir que ça s’arrange. Que ce qu’on a vu n’était peut-être qu’un rêve et que à la fin il y a la redemption. Un sauvetage. Car Charlie n’est pas seulement un assassin. Jérémy a ce magnétisme aussi attirant que effrayant qui donne à Charlie un vrai conflit intérieur.

« Il préfère nier les motifs qui se cachent derrière l’émotif, censurer l’émotion, de crainte d’être surpris en flagrant délit de manque de maîtrise. » Elsa Cayat, Charlie Hebdo du 14 janvier 2015

Maria aura les traits d’Apolline Martinelli. Quand j’ai écris cette pièce, j’ai beaucoup pensé à eux, à ce qu’ils pouvait faire sur scène et ce qu’on ne leur proposait pas. L’écriture de Maria est venu bien après celle de Charlie. Dans un premier temps, elle faisait très victime. Alors que la première à hurler, c’est elle. Nous en avons beaucoup discuté avec Apolline sur notre statut de femme, mais aussi sur celui de rêveuse et d’actrice. Nous n’avons ni pénis, ni argent, pour avoir un droit à la parole. dans ce monde cela ce sens. Même au seins de nos amis, l’infantilisation ou la stupidité sont un moyen de nous mettre en retrait. Maria est ma réponse. Certains l’ont trouvé vulgaire en lisant le texte. Je sais qu’en confiant ce rôle à Apolline, le personnage ne le sera pas. Car elle sait jouer avec une partition de nuances qui donneront à Maria toutes ces subtilités.

« Le corps humain est une pile électrique chez qui on a châtré et refoulé les décharges. » Antonin Artaud, Pour en finir avec le Jugement de Dieu

Ecrivain & Metteur en scène : Camille Picot